Le soleil ne brille pas se jour là. Et tes yeux non plus .Aujourd'hui ton regard me semble bien moins profond qu'hier. Tu cherches tes mots. Tu veux que je "vois la vérité en face". Je ne comprends pas ce que tu tentes, en vain, de me dire. Aujourd'hui le soleil ne se reflète pas dans tes cheveux noirs. Tu as " quelque chose à me dire ". Je ne vois que toi, je ne t'écoute qu'à moitié. Je te contemple, je te touche des yeux et ça me suffit. Tu me parles encore. Tu n'a pas la même voix que d'habitude. Tant pis. Je suis comme fascinée par toi, et je vois des choses que je n'avais jamais vues. Tu n'es... pas si beau finalement. Je ne comprends pas. Tu parles encore. Et je ne me rends pas compte que je ne t'écoute pas. Les mots ne sont pas assez forts peut être. J'ai beau chercher je ne me souviens plus, qu'est ce qui m'attirait encore hier chez toi? Je ne comprends pas, c'était bien hier. Tu parles encore. Mais qu'est ce que tu as tant à raconter. Et puis, j'arrive de moins en moins a te voir. Je fais un pas vers toi, rassurée, je peux encore sentir ton odeur qui m'a tant rassurée. Tu parles insatiablement. Je saisie quelques mots en vole," pas raisonnable ", "prendre du recul" ," rendu à l'évidence". Je ne suis pas impliquée dans cette conversation, ça ne m'intéresse pas. Conversation, que tu t'obstines à continuer tout seul. Monologue. Tu sais que je ne suis pas vraiment présente. Mais tu poursuis. Et tu ne perds pas le fil, tu as quelque chose à me dire, il faut que tu ailles au bout. Que tu te débarrasses de ce que tu as à me dire. Tu sais que je n'écoute pas, tu me connais trop pour savoir quand j'écoute ou non. Tu fais comme si tu ne savais rien. Je ne saisie pas l'importance du discours que tu me tiens, non. Tu bégaies. Tu m'aimes. En es tu sûr? Non. Non, bien sûr que non! Tu en étais encore sur hier. Et c'est à cet instant que, doucement, je commence à ressortir de ma bulle, je reviens à moi. Je le sais parce que j'ai envie de vomir un tas de mots à tes pieds en entendant ce que tu racontes. Que s'est-il passé? Au fond, je sais se que tu essaies de dire, et je le sais depuis que j'ai croisé ton regard - vide- en arrivant. Voilà une heure qu'on est face à face. Je n'ai pas dit un mot. Je continue de te regarder fixement. Tu baises les yeux, c'est sûrement parce que tu t'attends au melodrame. Au moment où je me ressaisie, tu me balance à la gueule toute une liste de qualités, sûrement les miennes. Je ne te vois plus distinctement. Ta voix me parait lointaine, ton regard n'a plus rien de poignant, tu n'a plus rien de spécial. Tout s'est dissipé. Mon cerveau essaies de comprendre se qui se passe, de reconstitué toutes les banalités qu'il a bien pu attrapé à mon insu. Tu déposes tes lèvres sur les miennes. Tendrement, en insistant sur la fin, le moment où les lèvres se séparent. C'est à gerber. Comme si tu essayais de garder en mémoire le goût de se baiser. Je comprends - enfin- . Il est trop tard. Tu as déjà tourné les talons. Je me dis que de toute façon, tu m'appelleras dans la soirée. Et là, je la vois elle. Grande, blonde, mince. Arriver de nul part et te serrer dans ses bras, comme si tu venais d'annoncer à quelqu'un qu'il allait mourir, et qu'il te fallait du réconfort pour supporter encore, ton métier ( bourreau). Je n'ai même pas eu besoin d'écouter ton monologue, tu vois. J'ai bien fais de profiter de toi égoïstement une dernière fois.J'ai compris ça y est. Tout est clair.
En d'autres circonstances, je t'aurais probablement sautée au cou, je me serais pendue à tes lèvres et t'aurais peut-être même inondé de larmes..
En d'autres circonstances, oui.
À Dieu.